_On m'a toujours dit que la vie était belle avec le stricte nécessaire. Aujourd'hui je peux le dire, je le suis. Mais qui peut dire qu'il est heureux sans avoir connu une part de malheur ? Qui peut savoir ce qu'est le bonheur en l'ayant toujours eu sous les yeux ? Je n'ai que quinze ans, on vous dira que je n'ai rien vécu et c'est surrement vrai. J'ai l'impression de tout connaitre, la beauté et la lacheté des hommes, la superficialité et l'angoisse des femmes, les mensonges et les rires des enfants. On dira de moi que je ne suis qu'une adolescente déprimée ou trop joyeuse, une timide complexée et une dragueuse proffessionelle, une fille sensible ou cassante. On dira de moi ce qu'on voudra car même moi je ne sais pas qui je suis. L'adolescence est la pire des périodes dans une vie, pour l'instant je la vis pas trop mal mais le complexe d'un nouveau corps à accepter ou même le regard que les gens portent sur nous, sur notre physique ce doit être une des pires choses.Dire d'une personne qu'elle est obèse c'est blessant, dire d'une personne qu'elle ressemble à une anorexique ça l'est aussi. On porte tous un jugement assassin, on ne comprend pas le poids des mots nous sommes trop jeunes, trop cons. Alors oui on boit dans les soirées, je bois, on fume, un peu trop, on fait l'amour. Tout ça parce-qu'on accepte pas de ne pas être des grands. Je ne me mens pas, je n'éssaie pas de mentir, de toute façon je ne sais pas le faire. Je n'aime pas aimer, ou plutôt j'ai peur d'aimer. Ca me parait anormale mais si banal. J'ai des cicatrices, comme tout le monde. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'elles cicatricent , hier la douleur était horrible et demain elle reviendra. La roue tourne comme on dit, alors je n'ai plus peur, j'attend qu'on me reprenne mon petit bonheur. Et je le retrouverai plus tard. J'ai fais pas mal de rencontre, des inoubliablement belles et d'autres que je croyais aussi mais que j'aurais du ne pas vivre. Mais après ces déceptions, j'ai rencontré des amis, je les compte sur les doigts de ma main mais se sont eux qui ne me lachent pas et qui m'aident, qui me font sourire. Peut-être que je les perdrai de vue aussi mais ils m'auront apporter tellement de choses; la compréhension en un regard, la technique pour rire sans être vu, les grimaces pour rendre des photos potables, les soirées improvisées, la façon de se confier avec le sourire en coin & le noir qui coule des yeux, les calins après sept heures de cours, les pétages de plomb gérés ou pas, c'est tout cela et plein d'autres choses encore qui font que je ne pourais pas les oublier... Et puis j'ai tellement de choses à raconter que je n'en parlerai pas, j'ai pas vraiment l'envie; surrêment.